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Guerre en Iran : Entre escalade militaire, chocs économiques et recomposition des alliances occidentales

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Depuis le 28 février 2026, les États-Unis et Israël mènent des frappes contre l'Iran pour affaiblir ses capacités militaires, nucléaires et balistiques. En réponse, Téhéran a lancé des représailles, élargissant le conflit à toute la région et faisant grimper les prix du pétrole sur les marchés mondiaux.


Dans ce contexte, Donald Trump a cherché à obtenir un appui plus concret des alliés occidentaux, en particulier des pays membres de l’OTAN, pour sécuriser le détroit d’Ormuz et partager le coût politique, militaire et logistique de l’opération. Toutefois, les réactions alliées ont été marquées par une forte prudence. D’après Reuters, Trump a publiquement accusé les alliés de l’OTAN de manquer de courage et de ne pas soutenir activement l’effort mené contre l’Iran. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Canada et le Japon, ont bien exprimé leur attachement à la liberté de navigation, mais sans s’engager immédiatement dans une participation militaire directe comparable à celle attendue par Washington. Leur position est restée conditionnée à une désescalade ou à un cadre plus conforme au droit international. 


Il faut donc nuancer l’idée d’une absence totale de réponse : il y a eu des déclarations diplomatiques de soutien au principe de sécurisation maritime, et certains partenaires ont ensuite accepté une implication limitée. Néanmoins, au moment où Trump sollicitait une aide plus ferme, il n’a pas obtenu de coalition militaire large et immédiate à la hauteur de ses attentes. Cette réticence traduit à la fois la crainte d’un enlisement régional, le souci de ne pas apparaître comme cobelligérants dans une guerre très contestée, et les divergences persistantes entre Washington et ses alliés sur la manière de gérer la crise iranienne.


Des répercussions mondiales : économie, logistique et fractures diplomatiques


En plus d’être ce qui semble être apparemment un simple conflit régional, on peut observer que les ramifications d’un potentiel enlisement du conflit sont nombreuses, notamment par leur effet de contagion, tant sur l’aspect sécuritaire qu’économique. Le détroit d’Ormuz est un point de passage économique majeur, où près de 27% du pétrole consommé mondialement transite. L’augmentation de l’incertitude pour les compagnies de fret maritime pourrait contribuer à augmenter les coûts pour assurer leurs bâtiments, ainsi qu’un ralentissement voire un arrêt partiel de leurs activités dans la région, la fermeture du détroit d’Ormuz début mars pourrait contribuer à aggraver ce phénomène. Au-delà du milieu maritime, la fermeture de l’espace aérien iranien au début mars contribue à fragiliser davantage les chaînes d’approvisionnement pour le transport aérien commercial. Les avions déjà forcés d’éviter l’espace aérien en Europe de l’Est (guerre en Ukraine), doivent nécessairement réaliser de coûteux détours en Afrique du Nord.


La crise iranienne est aussi radioactive dans la manière où elle affecte de façon ubiquitaire les économies du Golfe dans leurs fondements en tant qu'états stables. L’Arabie Saoudite générant presque la moitié de son PIB grâce à l’exportation de son pétrole, l’attaque d’une raffinerie de la société d’état Aramco le 2 mars dernier contribue à éroder la base même de son économie, et à créer une éventuelle baisse de confiance parmi ses investisseurs locaux et internationaux. Au-delà du simple pétrole, c’est bien le soft power et l’attractivité de la région qui est mise à mal par cette crise. En créant un sentiment d’insécurité sur la fiabilité des activités économiques locales, l’Iran crée des chocs d’approvisionnement qui pourraient à terme impacter l’Europe et l’Asie, très fortement dépendants des exportations énergétiques des pays du Golfe.

 

Le « dernier problème » réside dans le dilemme duquel sont confrontés les alliés occidentaux par rapport à l’administration Trump. Au-delà d’engager des confrontations militaires conjointes avec Israël sans cadre international, les États-Unis ne semblent plus être des partenaires diplomatiques fiables pour les occidentaux, les fréquents changements de positions de l’administration Trump dans le cadre de ses objectifs économiques et politiques au Venezuela, en Ukraine ou encore en Iran contribue à cette distanciation. Ce qui est intéressant dans cette crise également et qui confirme cette analyse, c’est qu’en dépit des nombreux cadeaux diplomatiques et promesses d’investissements de 600 milliards de dollars engagées par le royaume saoudien en mai 2025, l’administration Trump semble hésitante à tenir une position ferme dans la défense de ses alliés historiques, ce qui pourrait amorcer un découplage plus large des États-Unis à long terme.

 

Maha Barrak, Marc-Antoine Labrie, Mohamed Yassine Ezzine, Pierre-Louis Chesseron

 

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