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Le marché du travail américain au ralenti en 2025, un choc qui dépasse les États-Unis

2025 fut une année difficile pour le marché du travail américain. La quantité d’emplois créée a été plus faible que durant 2020, pendant le COVID. Ceci est principalement dû aux tarifs, aux nouvelles politiques d’immigration et aux coupes dans les dépenses gouvernementales.

 

Indicateurs clés

Le taux de chômage en 2025 a été de 4,2 % comparativement à 4% en 2024, soit une hausse de 5% par rapport à l’année précédente. En moyenne, la durée pour trouver un emploi a été de 23,1 semaines en 2025 et 21,7 semaines en 2024, représentant une augmentation de 6,4%. De plus nous avons une baisse d’offre d’emplois dans le marché de 5,6%  entre 2024 et 2025.

 


      

 

Le graphique illustre une augmentation graduelle du taux de chômage au cours de l’année. En moyenne, les États-Unis ont créé 168 000 nouveaux emplois par mois en 2024, comparativement à seulement 49 000 en 2025, représentant un ralentissement énorme dans le marché du travail.


Secteurs les plus touchés

Le secteur de la vente au détail a été le plus touché, perdant 25 000 emplois en décembre 2025. Ces emplois se trouvaient principalement dans les entrepôts, les supercentres, les marchandises alimentaires et les boissons.

Étant donné que ce secteur est majoritairement composé de travailleurs minoritaires visibles, cette tendance pourrait être liée au resserrement des politiques d’immigration des États-Unis envers les minorités visibles. De plus, le taux de chômage global a augmenté chez les minorités visibles, atteignant 7,5 % chez les Noirs, 4,9 % chez les Hispaniques et 3,6 % chez les Asiatiques, tandis que le taux de chômage chez les Blancs s’élevait à 3,8 %.

 

Secteur de la santé et autres industries

Le secteur de la santé a connu une augmentation moyenne de 34 000 emplois par mois en 2025, ce qui représente une baisse par rapport à 2024, où environ 56 000 emplois ont été créés par mois.

En revanche, le secteur des grands travaux, comprenant l’exploitation minière, la construction, le secteur manufacturier, le transport et l’entreposage, les activités financières et autres, a connu peu de fluctuations.

 

Analyse macroéconomique

D’un point de vue macroéconomique, ce ralentissement brutal de l’implication au travail représente un risque pour l’économie américaine, dont la réelle victime est la période de reprise, qui à la sortie de la pandémie est remplacée par des problèmes de stagnation marquée par des chocs d’offre.

Le lien observé entre les droits de douane, qui sont plus élevés sur les biens importés, et la baisse de l’embauche nous incite à penser à la possibilité que les entreprises, qui sont confrontées à la hausse des coûts d’importation, pourraient sacrifier leur capital humain dans le but de protéger leur marge de profit. 

La dépression des salaires dans les unités productives des entreprises serait alors renforcée et alimentée par le chômage des ménages, ce qui affaiblirait la consommation qui constitue le principal moteur du PIB des États-Unis, et de loin.

 

Effets sur la demande et le risque de récession

Ensuite, un certain découragement en ce qui à trait aux investissements est provoqué chez les entreprises ce qui entraine une réduction de leurs dépenses. Cela a pour effet d’accentuer la baisse des échanges sur le marché intérieur ce qui peut augmenter le risque de récession.

C’est alors, que la faiblesse de la demande aux États-Unis va à l’encontre de la croissance de leurs partenaires majeurs, et également de leurs échanges extérieurs, avec les autres acteurs du commerce mondial.


Impacts sur les pays émergents et la mobilité du travail

Cela découle du chômage prolongé des travailleurs migrants ou la diminution du flux des migrants qui s’installent pour travailler dans les pays en développement. Dans les deux cas, la main d’œuvre diminue notamment dû au durcissement des politiques migratoires et fiscales des pays d’accueil, dits développés.

Cela a alors des effets négatifs à l’échelle mondiale: de nombreux secteurs de l’économie informelle se dégradent, ce qui provoque une nouvelle vague d’illégalité de millions de travailleurs. Cette situation met en évidence l’instabilité des relations entre les pays et aggrave la situation des pays pour lesquels le commerce avec les acteurs extérieurs est déjà difficile.

 

Conséquences financières et rôle de la Fed

Sur le plan financier, la santé précaire du marché du travail américain influence directement la politique monétaire de la Réserve fédérale, créant une onde d'incertitude sur les marchés obligataires mondiaux. Un dollar instable, résultant d'une économie en perte de vitesse, complique la gestion de la dette pour les nations dont les emprunts sont libellés en devises américaines.


Conclusion

En somme, le bilan de l'année 2025 démontre que l'essoufflement du travailleur américain n'est pas seulement un enjeu national, mais un risque systémique pour la stabilité de la croissance mondiale, prouvant une fois de plus que l'interdépendance des marchés ne permet aucun repli isolé sans conséquences globales majeures.

Sarah Ait Siselmi, Coraly Duplessis, Fatine Moumni


Sources variées mentionnées dans le texte comprenant:

@ 2026 MGH. Tout droits résérvés

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