Baisse de taux directeurs au Canada : Contexte et implications
- marchesglobauxhec
- 29 sept.
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Le 17 septembre dernier, la Banque du Canada a frappé un coup attendu : elle a abaissé son taux directeur, un outil clé pour influencer le coût du crédit. Derrière cette décision prise à Ottawa, il y a une volonté claire : rendre l’argent moins cher à emprunter, et tenter de relancer une économie qui tourne au ralenti.
Ce qu’il faut savoir sur les taux directeurs
Après une forte période inflationniste en 2022-2023 qui a menée à une hausse importante des taux directeurs globaux dans le monde entier, les banques centrales, spécifiquement au Canada et aux États-Unis, sont de retour avec des baisses de taux consécutives.
Depuis le 5 juin 2024, c’est la septième occasion où la Banque centrale du Canada abaisse son taux directeur, menant ce dernier à 2,5%, son niveau le plus bas depuis 2021
Il est important de savoir que les banques centrales fixent les taux d’intérêts en fonction de leurs mandats. Typiquement pour celles du Canada et des États-Unis, leur mandat principal est de 1) garder le taux d’inflation (en fonction de l’Indice des prix à la consommation domestique) dans une fourchette d’environ 2% sur un rythme annualisé, et 2) assurer un environnement économique favorable au plein-emploi.

Lorsque l’inflation globale dépasse cette cible, les banques centrales ont le pouvoir d’augmenter le taux directeur domestique qui fixe les taux d’intérêts de cette même économie. Cette hausse a pour but de mettre une pression à la baisse sur la capacité d’emprunt, et donc sur la demande globale de biens et services, menant ultimement à un ralentissement forcé de l’inflation. Inversement, les banques centrales ont tout intérêt à réduire ces taux afin de stimuler une économie en souffrance. Et en date d’aujourd’hui, le constat est que l’économie nord-américaine et spécifiquement canadienne, est en ralentissement notable Malgré une inflation contrôlée mais incertaine, ces récentes baisses de taux sont prépondérées par l’incertitude et le ralentissement économique, selon la Fed et la Banque du Canada.
Contexte économique canadien : une incertitude qui a frappé rapidement
Ce contexte défavorable au Canada survient alors que la menace tarifaire de l’administration Trump ne semble pas avoir de ligne directrice ; les taux, les biens ciblés ainsi que l’implantation exacte et transparente de ces tarifs est en suspens depuis presque un an.
Par suite de son élection l’an dernier, le président américain Donald Trump s’en est pris vigoureusement à plusieurs partenaires commerciaux, en les blâmant pour le déficit commercial américain. Le Canada a toutefois été un des premiers pays à être ciblé par des menaces tarifaires sur les importations canadiennes en sol américain. Malgré plusieurs revirements de situation, de déclarations et de menaces envers plusieurs autres pays, le Canada n’a toujours pas conclu d’accord avec l’administration américaine pour essayer de renverser ces menaces.
Résultat : l’incertitude entourant cette situation endommage beaucoup l’économie canadienne à l’heure actuelle. Cela se reflète par des créations d’emplois faibles depuis le début de 2025, et même, à des pertes d’emplois nets en juillet et en août.
En somme, le Canada se retrouve actuellement dans une situation économique ralentie et affaiblie par la menace tarifaire. L’évolution de son environnement dans les prochains mois va dicter le statut de la politique monétaire de la Banque du Canada. Si l’économie canadienne peine à se relever, il se pourrait fort bien que les taux directeurs soient abaissés davantage.
Comment la baisse des taux se fait sentir sur le campus
Pour les étudiants, cette baisse des taux peut avoir des effets concrets, positifs comme négatifs. Premièrement, les prêts étudiants ou les marges de crédit vont surement coûter moins cher en intérêts. Ces derniers sont souvent liés aux taux du marché, ce qui signifie que le montant des intérêts à payer chaque mois peut diminuer, ce qui, sur le long terme, peut faire une grande différence pour les étudiants qui financent une partie de leurs études à crédit. De plus, pour ceux qui commencent à s’intéresser à l’immobilier ou à l’investissement, un contexte de taux plus bas rend souvent l’accès au financement plus abordable. Néanmoins, cela peut aussi pousser les prix des logements à la hausse, compliquant la recherche d’un appartement abordable à louer. Cela signifie aussi que les rendements sur l’épargne peuvent diminuer, ce qui peut poser sur ceux qui mettent déjà de côté. Enfin, pour ceux qui prévoient une aventure internationale, que ce soit un échange ou un voyage, un taux directeur plus bas à tendance à affaiblir e dollar canadien aux grandes devises comme l’euro ou le dollar américain. Concrètement, cela signifie que le logement, la nourriture ou les sorties à l’étranger pourraient coûter plus cher une fois convertis.
Thierry Ferland, Arnaud Rafamatanantsoa, Fatine Moumni



